Patrimoine : Le Château de Gordes

Patrimoine : Le Château de Gordes

Histoire et vue panoramique sur les monts du Luberon

A la découverte de l'histoire et de l'architecture remarquable du Château de Gordes dans le Luberon...

Un peu d'histoire.

Une tribu Celte nommée les Vordences s'établissent sur la colline et construisent une fortification. Au 1er siècle, les Gallo-Romains fortifient la position. Durant 6 siècles, le château assure sa fonction défensive. En 1070, Rambault d'Agoult, seigneur de Gordes épouse Sancie de Simiane. Simiane devient au cours des siècles une grande famille de Provence. En 1525, le château est agrandi et modifié pour plus de confort. Il appartient à Bertrand de Simiane, compagnon de Bayard durant les batailles en Italie. La refonte semble prendre fin en 1541. 

A partir de 1562, les terribles guerres de religions dévastent la région. Les seigneurs de Gordes participent à la défense de leur cité. En 1615, la Seigneurie est érigée en Marquisat en faveur de Guillaume de Gordes Simiane. Vers 1630, François, fils de Guillaume, devient Grand Sénéchal de Provence et chevalier d'honneur de la reine. En 1720, la dernière femme de la lignée des Gordes Simiane épouse Emmanuel de la Tour d'Auvergne, Duc d'Albret. En 1734, la fille unique du précédent mariage épouse Charles de Rohan, Prince de Soubise. Elle apporte en dot le domaine de sa mère : Gordes. Vers 1750 (?), le domaine appartient aux Princes de Condé. 

Vers 1789, les révolutionnaires s'emparent du château, mais ne le détruisent pas. Au début du 20ème siècle, un artiste peintre, André Lhote, tente de redonner vie aux vieilles maisons. En 1931, le château est classé aux Monuments Historiques. Au 20ème siècle, le village revit et une mairie s'établit en ce lieu féodal. Depuis, il assure une fonction muséographique. Musée consacré aux œuvres de Victor Vasarely de 1970 à 1996, puis musée de peinture consacré à l'œuvre de Pol Mara de 1997 à nos jours.  On y trouve également l'Office de Tourisme.

Architecture.

En plan : le château forme un rectangle allongé, orienté grosso modo est-ouest, avec trois tours d'angle et une quatrième dans le mur long nord. Une large échancrure dans le mur long sud forme une cour carrée séparant la partie occidentale du château de la partie orientale avec ses deux tours d'angle. L'angle sud-ouest ne comporte pas de tour. La façade nord, austère, de la partie occidentale est flanquée de deux tours rondes à mâchicoulis hautes de 20 m. Elle est percée de deux étages de fenêtres, celles du bas étant à traverse. La couronne de mâchicoulis des tours supporte une terrasse pour l'artillerie. La façade sud, tournée vers le soleil, de la partie occidentale est flanquée d'échauguettes et percée de deux étages de fenêtres à croisillon et d'un étage de fenêtres à meneau (au dernier niveau). Les murs, les tours et les échauguettes comportent des bouches à feu réparties de façon judicieuse. La tour de l'angle sud-est est une tour d'armes avec des bouches à feu et des fenêtres de confort percées tardivement.

Les éléments Renaissance : la grande cheminée de la salle du 1er étage. Le château comporte de nombreux éléments de style Renaissance : portes, fenêtres à croisillon, escaliers et, dans la grande salle du premier étage, une superbe cheminée monumentale portant le millésime 1541 et encadrée de deux portes richement ornementées (longueur de mur à mur : plus de 7 m). Le décor sculpté de cette cheminée marie frontons, niches, pilastres, entablement et frise. Les treize niches abritaient à l'origine les statuettes des douze apôtres et celle du Christ au centre. Elles furent détruites à la Révolution. 

Sur la droite de la façade sud, s'ouvre dans la muraille une porte voûtée en anse de panier donnant dans la cour intérieure. Au fond de la cour, à gauche, la porte d'entrée au décor Renaissance a son fronton et ses pilastres en calcaire tendre usés par l'érosion. La grande salle du premier étage. Côté nord du château. Un large escalier à vis conduit à la grande salle du premier étage. Longue de 23 m et large de 7 m, elle est ornée d'un beau plafond à poutrelles. Les traces de l'ancien café. Sur certaines cartes postales de la première décennie du xxe siècle on aperçoit les ouvertures de l'ancien café à la base de la muraille entre les tours du côté septentrional.