Ces labels de Provence qui stimulent la consommation

Ces labels de Provence qui stimulent la consommation

Le label savon de Marseille "Made in France" sensibilise le consommateur

C'est une vraie consécration pour l'Union des professionnels du savon de Marseille, qui regroupe quatre entreprises de la région. Les deux guides que le ministère de l'Économie vient d'éditer à travers la Direction générale des entreprises citent en exemple le label qu'ont mis au point les professionnels afin de défendre leur savoir-faire, et, peut-être, d'obtenir une "Indication géographique protégée".

Le logo, en forme de tampon "savon de Marseille", y figure en bonne place aux côtés de labels tels qu'"Entreprise du patrimoine vivant" ou "Produit en Bretagne".

On le sait, le "made in France" fait vendre. Au point que de plus en plus de fabriquants n'hésitent pas à estampiller l'emballage de leurs produits d'un petit drapeau français. Dans le guide accessible en ligne, et destiné à la fois aux producteurs et aux consommateurs, le ministère va plus loin, en soulignant l'intérêt des labels, d'une manière générale, comme vecteur d'achat.

À lire aussi : Marseille : dans la peau d'un maître savonnier (Ma Provence prenium)
Important pour 92 % des Français, d’après un sondage Ifop cité par la Direction générale des entreprises, les Français considèrent important le fait qu'une entreprise indique à ses consommateurs que ses produits ont été fabriqués en France par la mise en place d'un label plus strict que le "made in France".

Le guide donne aussi le modus operandi pour construire un label en rappelant les règles applicables au marquage d'origine dont les industriels doivent pouvoir justifier. L'association Pro France, qui porte le label "Origine France garantie" créé en 2010, compte ainsi aujourd'hui 1 200 gammes de produits labellisés.

L'offensive des fleurs françaises
Les fleurs coupées ont été prises dans le tourbillon de la mondialisation : 85% des fleurs vendues en France viennent de très loin.

La production française est réduite à peau de chagrin : des roses, pivoines, anémones, oeillets... Pour résister, les horticulteurs français ont lancé le logo "Fleurs de France". Une initiative encouragée par le ministre de l'Agriculture et présentée au Salon de l'agriculture.

Attention : un bouquet avec au moins 50% de fleurs produites dans l'Hexagone pourra bénéficier du logo.

La savonnerie Marius-Fabre maintient la tradition
Ces labels qui stimulent la consommation - 2
Julie Bousquet-Fabre incarne la 4e génération de la savonnerie.
Comment être sûr d'acheter du véritable savon de Marseille en Provence ? Pour que le consommateur n'ait plus à se poser cette question, quatre savonneries de la région de sont unies au sein de l'Union des professionels du savon de Marseille en vue d'obtenir une "Indication géographique protégée", rendue possible pour les produits non alimentaires par la loi Hamon, dont les professionnels attendent avec impatience la publication des décrets.
À Salon, la savonnerie Marius-Fabre, qui fête cette année ses 115 ans d'existence, est une parfaite illustration du cahier des charges rédigé par l'association, dans lequel les spécificités du savon de Marseille, fabriqué à partir d'huiles végétales exclusivement, sans parfum, sans colorant et sans ajout, au fil de cinq étapes de fabrication, sont inscrites. Dans les murs centenaires de la fabrique conservée à l'identique depuis quatre générations, les visiteurs et consommateurs peuvent comprendre comment naît le savon de Marseille, dans de grands chaudrons où est provoquée une réaction de saponification avec de la soude et 10 jours de cuisson...

30 salariés

"Les étrangers recherchent le fabriqué en France, le savoir-faire traditionnel, les produits écologiques et les Japonais sont aussi sensibles à notre histoire familiale", explique Julie Bousquet-Fabre, directeur général délégué et arrière-petite-fille du fondateur Marius Fabre, qui préside aussi l'Union des professionnels du savon de Marseille. L'entreprise, forte de 30 salariés, exporte ainsi vers une quarantaine de pays, ce qui représente 30 % de son chiffre d'affaires, mais doit se battre en France avec une concurrence qui ne dit pas son nom : la profusion de savons présentés comme traditionnels, alors qu'ils n'ont rien de commun avec ceux qu'elle fabrique. "Nous avons besoin d'une reconnaissance de l'État" souligne la responsable, fière que le label soit cité dans le guide du ministère.

500 tonnes de savon de Marseille sont produites chaque année par la savonnerie Marius-Fabre, qui abrite aussi une boutique et un musée, véritable témoin d'une époque où l'on comptait plus d'une centaine de fabriques de ce type autour de Marseille.

Marie-Cécile Berenger - La Provence

http://www.laprovence.com/article/economie/3288346/ces-labels-qui-stimulent-la-consommation.html