Vaucluse, Luberon, Provence... terre de cinéma

Vaucluse, Luberon, Provence... terre de cinéma

silence ça tourne !

De tout temps, le département a servi de décor naturel pour le cinéma et la télévision grêce à ses paysages naturels et son ensoleillement... Coup de projecteur.

Certaines scènes du film "Le Coeur des hommes" (1, 2 et 3), succès du box-office, ont été tournées à Lourmarin.
Dans la maison Jean Vilar, qui fait face à la mairie d'Avignon, un service municipal pas comme les autres travaille sous les auspices du 7e art...

Le bureau du cinéma de la Ville laisse pourtant le feu des projecteurs à d'autres. Sa mission : aider les équipes de tournage qui choisissent Avignon comme décor à réaliser leur film ou leur fiction télévisée. Autorisations de tournage, besoins logistiques, connaissance du terrain, ces hommes des coulisses apportent un regard pratique aux réalisateurs.

"Souvent, les cinéastes ne connaissent Avignon qu'à travers Google !, s'amuse Jean-Pierre Bonifay, directeur du bureau du cinéma. Notre boulot c'est de dire non quand certains réalisateurs prennent leurs rêves pour des réalités. Un jour, un cinéaste a voulu bloquer la porte Crillon pendant toute une journée. Techniquement, on peut toujours le faire, mais on ne va pas empoisonner la vie de 50 000 personnes !"

La sécurité est aussi un aspect important du travail du bureau. Ses membres doivent veiller à ce que le patrimoine soit préservé et à ce que les équipes travaillent dans les meilleures conditions. "Pour les tournages au Palais des papes par exemple, il faut prendre en compte le tonnage que peut supporter la place. On ne peut pas mettre de grues ou de trop gros camions. Pensez que dessous, il y a le parking !", explique Vincent Veniat, responsable des tournages au bureau du cinéma.

Vaucluse, silence ça tourne !
La série "No limit" avec Vincent Elbaz.
Un réseau de partenaires

Malgré les contraintes à prendre en compte, Avignon et le Vaucluse restent des destinations privilégiées pour les équipes de tournage. Grâce à un patrimoine riche et à une facilité d'accès depuis Paris, la Provence attire des productions audiovisuelles du monde entier.

"Nous nouons contact avec eux pendant les festivals", confie Lionel Kmiec, président de la commission du film Luberon Vaucluse. À Cannes, La Rochelle ou Clermont-Ferrand, il vante les mérites de la Provence, qui regorge de décors variés.

Retombées économiques

Cette opération séduction n'est pas complètement désintéressée. Les retombées économiques directes et indirectes pour le département sont importantes. D'après le président de la commission Luberon Vaucluse, elles s'élèveraient à 2 millions d'euros pour les tournages réalisés en 2014.

Si Jean-Paul Bonifay du bureau du cinéma d'Avignon se montre plus prudent sur ce chiffre, il admet que les retombées sur l'économie locale ne sont pas négligeables. "Après la diffusion de la série "Inquisitio"(sur France 2 en 2012, NDLR), l'office du tourisme nous a appelés pour dire que des gens voulaient venir à Avignon et découvrir le Palais des papes suite au feuilleton."

Vaucluse, silence ça tourne !
"L'affaire Dominici" avec Michel Serrault.
Au boom touristique s'ajoute la manne hôtelière et commerciale liée à la venue d'une équipe de tournage. C'est aussi bénéfique pour l'emploi. La commission du film Luberon Vaucluse collabore avec Pôle Emploi Spectacles dans l'organisation de castings et le recrutement de techniciens pour privilégier la main-d'oeuvre locale.

"Pour le tournage du "Sang de la vigne" (série télévisée sur France 3, NDLR), la moitié de l'équipe technique a été embauchée dans le Vaucluse. Leur travail a été tellement apprécié qu'on les a repris pour des tournages dans le Var et dans le Languedoc-Roussillon", se félicite Lionel Kmiec.

Sachant qu'un tournage est important pour l'image d'une ville et d'une région, certaines productions n'hésitent pas à tomber dans une forme de marchandage. "Avignon a une notoriété suffisante grâce à son patrimoine très riche, lâche André Mathieu, conseiller municipal délégué aux fêtes et événements. Mais pour d'autres communes moins bien dotées, ce chantage peut porter ses fruits."

Toujours plus de tournages

L'activité de la commission du film Luberon Vaucluse est en augmentation croissante. Depuis 2010, la moyenne des jours de tournage a été multipliée par trois. L'an dernier, la commission en a comptabilisé 213 sur le territoire.

Malgré ce succès, l'équipe vit sur ses réserves. " Nous proposons un service gratuit et les subventions (du conseil départemental) tendent plutôt à la baisse, mécaniquement nous sommes en difficulté", se désole Lionel Kmiec. Ce passionné de cinéma ne désespère pas pour autant et est à la recherche de nouveaux locaux pour la commission, qui siège à Carpentras. Il envisage d'organiser un tour sur les lieux célèbres de tournage à la manière des circuits hollywoodiens. "Il faut travailler sans relâche dans le Luberon Vaucluse, car ce territoire est un peu délaissé au profit des Alpilles et du Mont Ventoux ces derniers temps, analyse le président de la commission du film Luberon Vaucluse. Et puis quand on regarde les aides à la production de la Région, ce sont les départements littoraux qui en bénéficient le plus."

Pas amer pour autant, il se plaît à rêver à d'autres tournages, auprès des artistes qu'il admire. "Pourquoi pas Daniel Auteuil... Je l'apprécie en tant que comédien et en tant qu'homme." Gageons que le cinéma dans le Vaucluse a encore de beaux films devant lui.

Décors de rêve

La Provence, sa nature, ses villages de charme... Mais pas que ! Le Colorado provençal, avec ses couleurs flamboyantes et ses volumes lunaires, figure parmi les spots de tournage les plus prisés.

Côté urbain, à Avignon, les petites rues typiques du centre-ville séduisent toujours autant les productions. "La prison Sainte-Anne est aussi très demandée, remarque Jean-Pierre Bonifay. C'est la seule prison de France désaffectée mais qui reste encore dans son jus."

De son côté, Lionel Kmiec, président de la commission du film Luberon Vaucluse explique : "Nous avons aussi bien des bâtiments administratifs que des villas d'architectes, des monuments historiques, des sites industriels... C'est cette diversité qui attire".

Greg Germain, directeur de l'association AF&C qui gère le Off d'Avignon et qui a aussi produit en 2014 "Roméo et Juliette", téléfilm tourné dans le Vaucluse, souligne cette richesse : "C'est un département absolument extraordinaire. On a bien été aidé par la mairie d'Avignon, pour tout ce qui a été logistique, repérage des lieux, accès aux différents interlocuteurs, recrutement des 300 figurants vauclusiens... Tourner ici est un moyen de faire connaître les beautés de la région".

Tout est fait pour attirer les productions sur le territoire. "Nous organisons des "repères-tours", un circuit de repérage pour les professionnels du cinéma et de la télévision qui leur permet de sentir l'ambiance du département, explique Lionel Kmiec. Parfois, le fait de les emmener sur des lieux très visuels peut faire un peu changer le scénario. Ce sont des artistes, ils fonctionnent aux coups de coeur."

De "Manon des sources" à "Swimming Pool" : quelques films mythiques
La Main au collet d'Alfred Hitchcock, De Rouille et d'os de Jacques Audiard... Nombre de grands films ont été tournés en Paca. La région ne manque pas d'atouts cinématographiques. Plus particulièrement, le Vaucluse a été le décor de quelques monuments du 7e art. Morceaux choisis.

Vaucluse, silence ça tourne !
"Un Balcon sur la mer" avec Jean Dujardin.
Manon des sources (1952) : Mirabeau, Vaugines, Ansouis, Marcel Pagnol a tourné le territoire comme personne (notre photo). En 1986, Claude Berri tournera son adaptation, précédé par Jean de Florette.

Les Amants (1958) : Louis Malle a filmé à Velleron et L'Isle-sur-la Sorgue certaines scènes du célèbre film avec Jeanne Moreau.

Mouchette (1967) : L'histoire de l'adolescente Mouchette, réalisée par Robert Bresson, a été tournée dans le Vaucluse, malgré quelques allusions au Nord.

Le Hussard sur le toit (1994) : L'adaptation du roman de Giono, signée Jean-Paul Rappeneau, se passe à Cucuron, Sivergues, Banon, Redortier ou encore Noyer (mais également dans les Bouches-du-Rhône et dans les Hautes-Alpes).

Gazon maudit (1995) :Josiane Balasko a tourné dans plusieurs communes du département : Apt, Roussillon, Avignon, Cavaillon, Murs et Bonnieux. Swimming-pool (2003) :Le remake de François Ozon a été tourné dans une villa à Ménerbes.

A good year: de Ridley Scott avec Russel Crow, Marion Cotillard et didier Bourdon, le film a été tourné en partie dans le fameux village de Gordes

MWARTELLE

http://www.laprovence.com/article/edition-avignon-grand-avignon/3564298/vaucluse-silence-ca-tourne.html